Chronique à la DUN

Histoire de partager une tranche de vie avec vous !

Annie Dumont

Quand notre Directeur m’a chargée de mettre en place l’évolution de notre site web, je n’ai pas souhaité, comme nous avions pu le faire auparavant, procéder à un simple vote entre plusieurs versions proposées. En tant que webmestre, je n’arrête pas de marteler que notre site web est l’affaire de tous. Et donc, si le site évolue, en suivant cette logique jusqu’au bout, tout le monde doit être dans la boucle. L’idée était de s’essayer à la co-construction. Et je m’y suis lancée.

Il y a d’abord eu un groupe de travail ouvert à tous sur la base du volontariat. De ce groupe - restreint (pas plus de 6 personnes) ont émanées deux propositions.

Mais à la place d’un vote pur et simple sur la version préférée, j’ai demandé à chacun sur notre liste de diffusion, de donner son avis sur les deux versions, c’est à dire ce qui plaît ou ne plait pas dans l’une et dans l’autre.

Tout s’est passé par mail.

Lorsque de nouvelles  propositions étaient faites, une autre version en ligne était créée, pour voir ce qu’en pensaient les autres. Et petit à petit, notre nouvelle présentation s’est construite. Au final, nous avons discuté sur 6 versions différentes.

Pour les personnels décentrés de Bellepierre et du Tampon la participation a été totale, alors que  sur l’ensemble de la direction nous sommes 53% de personnels ayant pris part au débat. En tout 27 mails ont été échangés sur 2 jours, pour 15 débatteurs potentiel, en dehors du Directeur qui a choisi de rester hors du dispositif pour ne pas influencer les débats, et moi-même qui avait pris le rôle d’animation du groupe.

Si nous avions tranché sur les préférences premières de chacun, ce n’est pas le site que nous avons aujourd’hui qui s’afficherait. L’avis majoritaire crée toujours son lot de frustrations d’autant plus grandes que les écarts sont petits. Pour éviter de tomber dans ce travers, le modèle ayant remporté la préférence majoritaire a été mixé avec l’autre, dans des compromis permettant aux éléments importants pour les uns et les autres de figurer sur notre page d’accueil.

Ici, j’ai tenté une construction sur le mode du consensus, consensus ne voulant pas dire unanimité. Mais s’agissant de l’outil de tous, il fallait éliminer les points de désaccords profonds. J’espère y être parvenue.

Il n’est cependant pas facile de rester neutre dans un débat qui vous touche personnellement. Il y a aussi le moment où il faut constater que le consensus ne pourra aller plus loin, et annoncer que le débat est clos.

Ce qu’on a gagné dans l’affaire, c’est déjà la satisfaction d’être arrivés à quelque chose où chacun peut se reconnaître un peu, même si ce n’est pas à 100%. Et surtout, personne ne me demande pourquoi il y a ci ou il n’y a pas ça dans notre page d’accueil : tout le monde sait.

Il nous reste maintenant à terminer le travail sur les contenus. Nous le ferons en mode atelier, en réservant un créneau horaire où nous serons tous ensemble avec un échange en début de séance, car parfois, entre le moment de la décision et le moment de mise en application, les idées mûrissent et peuvent être tout à fait intégrables au projet d’ensemble.

Annie Dumont